Bannir la corruption et les tracasseries sur les routes


Par : Laya DIARRA
soir de Bko - Mercredi, 24 Juin 2009


Le lundi 22 Juin 2009 a eu lieu le lancement officiel du septième Rapport de l’Observatoire des Pratiques Anormales (OPA) sur les corridors inter-Etats et de la campagne de plaidoyer de la société civile contre la corruption et les tracasseries sur les principaux axes routiers. La cérémonie, qui était placée sous la houlette du Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), M. Jeamille Bittar, a enregistré la présence (entre autres) du Directeur National des Transports M. Djilbril Tall ; du Président du Conseil Malien des Transporteurs Routiers (CMTR) ; des représentants de structures telles que l’USAID et l’UEMOA, de la CAD-Mali et de “Wanaso”, en premier lieu, M. Maouloud Ben Kattra...

Organisée par CAD-Mali et “Wanaso”, avec l’appui des différents partenaires, cette campagne vise à mieux sensibiliser et informer les décideurs sur les mauvaises pratiques qui ont cours sur nos axes routiers. Il s’agit aussi de mieux inciter les principaux acteurs à prendre conscience de l’ampleur et de la gravité du phénomène. Aussi, tous les services étaient représentés à cette journée de partage et de réflexion sur la corruption et les tracasseries sur les principaux axes routiers africains.

Cette campagne, qui s’inscrit dans le cadre d’une campagne de plaidoyer pour lutter contre la corruption et les tracasseries sur les principaux axes routiers africains, se situe dans le programme régional WATH/USAID qui couvre quatre pays : le Burkina Faso, le Ghana, le Mali et le Togo. Les ONG “Wanaso” et CAD-Mali sont les bénéficiaires de ce programme de quatre mois au Mali qui permettra de réaffirmer l’engagement des acteurs concernant le trafic routier et la lutte contre la corruption et les tracasseries routières de notre pays. Cette approche contribuera à la diffusion des messages-clés et des stratégies de communication appropriées pour la réduction des actes illicites sur les axes routiers. Pour les partenaires de la société civile et du secteur public, elle constitue également une approche de taille pour apporter leur contribution à ce combat.

Plusieurs interventions ont été enregistrées au cours de ce lancement. D’abord celle du Directeur National des Transports, M. Djibril Tall, qui a rappelé les efforts déployés dans ce sens par l’Etat, et évoqué ensuite les obstacles qui restent posés pour la fluidité du trafic routier. Des obstacles qui consistent en la perception de frais indus, la multiplicité des barrières routières et d’autres tracasseries du genre. “Chacun doit assumer sa responsabilité“, a déclaré ce haut cadre du CNID-Faso Yiriwa Ton.

Selon lui, la clé du problème se trouve entre les mains de tous les acteurs. Dans cette situation, le remède (toujours selon lui) passe surtout par une organisation de la profession de chauffeur, mais également de transporteur. Si, à ce niveau, le problème ne se pose pas, les agents, conformément à leur mission, assumeront, à coup sûr, la tâche qui doit leur revenir, a assuré M. Djibril Tall. L’on peut aisément comprendre les motivations du Directeur National des Transports qui s’employait ainsi à défendre bec et ongles les agents de l’Etat accusés d’être les responsables de ces agissements déplorables sur les différents axes routiers.

“La libre circulation des personnes et des biens est loin d’être une réalité sur les corridors ouest-africains ; et cela, à cause des prélèvements illicites, l’érection des barrières physiques et les retards enregistrés par les tracasseries routières”, a de son côté déclaré le Représentant de la CAD-Mali et de “Wanaso”, M. Maouloud Ben Kattra. Selon lui, l’Afrique de l’Ouest a le système de transport routier le plus cher et le moins efficace du monde. “Et le corridor Bamako-Ouagadougou est le plus difficile, à cause de ses délais d’attente au niveau des barrières érigées par les forces de l’ordre“, a-t-il laissé entendre.

Aux dires du responsable des ONG-CAD-Mali et “Wanaso”, le nombre de postes de contrôle aux 100 km est de l’ordre de 2 au Togo et au Ghana, mais il atteint 5 au Mali. Et les temps de contrôle aux 100 km vont de 7 minutes au Togo à ...44 minutes au Burkina Faso. En ce qui concerne les perceptions illicites, elles varient, aux 100 km, de 16 675 CFA au Togo à 7 784 FCFA au Mali.

Par rapport au précédent trimestre, les niveaux de perception illicites ont baissé au Burkina Faso, au Ghana et au Mali. Cependant (toujours aux dires de M. Maouloud Ben Katra), ces niveaux demeurent élevés du fait de l’application, sur deux des trois corridors, de la réglementation sur la charge à l’essieu, sans délivrance de reçus aux corridors dont les véhicules contreviennent à la réglementation.

Face à la délicatesse du problème l’OPA invite les autorités politiques et administratives des Etats concernés à promouvoir davantage la sensibilisation à la lutte contre ces pratiques anormales, mais aussi à prendre les mesures qui s’imposent afin d’arrêter ces pratiques nuisibles à la fluidité du transit et du transport des personnes et des marchandises sur les corridors routiers.

C’est tout le sens de cette campagne de plaidoyer organisée par les ONG CAD-Mali et “Wanaso”, avec l’appui technique et financier de leurs partenaires.





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