Matinée d’échanges avec les Services Techniques de l’Etat


Après deux années de mise en œuvre du programme de mobilisation citoyenne à la base, la CAD Mali a organisé les 20 et 21 Mars 2010 dans la Commune rurale de Nossombougou, une rencontre d’intercommunalité entre les communes bénéficiaires du programme (baguinéda, Safo, Sangarebougou et Nossombougou). Elle avait pour but de permettre aux communes d’échanger leurs expériences dans la gestion des compétences qui leurs sont transférées dans le cadre de la décentralisation notamment dans le domaine de l’Education, la Santé, l’Hydraulique.

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Au terme des échanges les communes ont formulés ensemble des recommandations à l’adresse des services techniques de l’Etat et des députés à l’assemblée Nationale.

Ainsi, pour pouvoir adresser ces recommandations aux cibles, la CAD /Mali a organisé une matinée d’échanges entre les communes, les services techniques de l’Etat, et les organisations de la société civile, le 02 juillet 2010 au Centre Djoliba de Bamako.

L’objectif de la rencontre était de permettre aux communes :

  • d’adresser les recommandations des journées de l’intercommunalité aux services techniques et responsables Etatiques ;
  • Permettre aux représentants de l’Etat de mieux saisir les difficultés et les avantages liés à l’accès aux infrastructures scolaires et sanitaire en milieu rural, singulièrement dans les communes rurales de Nossombougou, Sangarébougou, Baguinéda et Safo ;
  • Permettre aux autorités et services techniques de prendre des engagements pour assurer une éducation de base de qualité et l’accès à des infrastructures scolaires et sanitaires adéquates équipées en eau et en électricité.

Ont pris part à cette rencontre les représentants des services techniques de l’éducation de base, la santé, l’hydraulique, l’énergie et des mines, et de la Promotion Féminine, les représentants des quatre communes bénéficiaires du programme, l’AMM, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales.

La cellule d’appui à la déconcentration et à la décentralisation de l’éducation et certaines organisations de la Société Civile étaient aussi présents.

Après le discours d’ouverture du Secrétaire Général de la CAD -Mali, en la personne de Monsieur Issa KAMISSOKO, les quatre Communes appuyées par les organisations de la société civile ont présenté les recommandations de l’intercommunalité aux services techniques de l’Etat.

Les recommandations au nombre de six, ont été présentées aux participants par Monsieur Ibrahim COULIBALY, conseiller à la mairie de Safo et porte parole des quatre communes :

1 - L’application des décrets 313, 314, 315 relatifs au transfert des ressources financières aux collectivités.

2 - Le recrutement d’enseignants qualifiés en priorité ceux sortis des IFM.

3 - Le respect des normes et commodités (eau, électricité, clôture…) pour les infrastructures scolaires et sanitaires.

4 - L’encouragement de la scolarisation des filles et l’assurance de leur maintien à l’école à travers des politiques efficaces de suivi.

5 - Le recrutement de personnel qualifié pour les CSCOM des communes (médecin et sage femme).

6 - La formation continue des maitres du primaire et les agents sanitaires des communes.

A l’issue des débats les constats suivants ont été dégagés :

  • Le secteur de l’Education, la Santé et l’Hydraulique ont été transférés aux collectivités en avril 2010. Les collectivités trouvent que ce transfert n’existe que sur papier. Seuls les salaires des enseignants et quelques charges sociales sont transférés aux collectivités.
  • Le contrat entre la Cellule d’appui aux collectivités décentralisées et déconcentrées et les collectivités dans le cadre du transfert via ANICT doit être révisé car dans sa forme actuelle, il ne permet pas un bon fonctionnement des communes à cause de la lourdeur administrative.
  • La nécessite s’impose aujourd’hui d’adapter les procédures financières aux réalités de la décentralisation.
  • La question de l’autonomie de gestion administrative et financière n’est toujours pas bien comprise entre les différentes parties (l’Etat, les communes, et les services intermédiaires).
  • Le personnel qualifié refuse de servir en milieu rural à cause des conditions qu’il trouve difficiles (manque de réseau téléphonique, et d’électricité, retard dans le payement des salaires)
  • La répartition des personnels qualifiés et des infrastructures est beaucoup influencé par les affinités politiques et parentales.

La rencontre a permit de situer les responsabilités entre les communes, les services intermédiaires, et l’Etat dans le fonctionnement de la décentralisation. L’aspect multi acteurs et démocratique de cette rencontre a été intéressant car les participants ont connu toutes les réalités du fonctionnement de notre décentralisation.

C’est ainsi que :

  • Les services techniques ont été exhortés à ne pas mettre les recommandations dans les tiroirs au détriment des citoyens, car elles leurs ont été adressées dans l’objectif de mieux répondre aux aspirations des populations ;
  • Les collectivités décentralisées doivent aller à la recherche de l’information dans les structures comme l’association des municipalités, l’ANICT, la cellule d’appui aux collectivités décentralisés et même dans les services techniques de l’Etat.

Enfin, les communes ont été invitées à s’organiser en réseau pour mieux revendiquer les droits d’accès des citoyens aux services essentiels.

Les responsables Étatiques ont donné l’assurance aux communes que les différentes recommandations feront l’objet d’analyse approfondie au niveau des départements compétents pour garantir l’accès des citoyens aux services de base.





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