Lancement du programme triennal CAD 2012 – 2014 : Bientôt un Observatoire dette et fonds publics


La Coalition des alternatives Dette et Développement (CAD), avec l’appui de l’ONG internationale Oxfam Novib, a procédé, le samedi 10 novembre 2012, au lancement de son programme triennal 2012 2014, au Musée national de Bamako. C’était sur le thème : « Le changement populaire ne peut se faire que d’en bas : du peuple ».

La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de la Justice, Malick Coulibaly, Garde des Sceaux. Il était entouré du ministre de l’Elevage et de la Pêche, Makan Tounkara et du Président de CAD-Mali, Sékou Diarra. Cette cérémonie grandiose a vu la participation de plusieurs autres hautes personnalités.

L’occasion était donc belle pour le Président Sékou Diarra de souhaiter, au nom de la Coalition et des mouvements sociaux, la bienvenue à tout ce beau monde. Il a ensuite déclaré que le monde de 2012 n’était que le prolongement des années 1970, celles du consensus de Washington : bafouement des droits humains, à travers la croissance de la marchandisation de la vie et des biens communs ; attaques contre l’Etat social, les salaires, les droits des travailleurs et les droits du monde paysan.

Sékou Diarra fera aussi remarquer que les revendications citoyennes pour le droit à la vie et au vivre ensemble ont rarement parlé d’un droit essentiel, à savoir comment le Gouvernement du Mali et les gouvernements africains alimentent les caisses des Etats (le Trésor public) et dépensent l’argent du contribuable.

La raison est simple, a-t-il ajouté. Pendant longtemps, les Etats prétendaient que la dette et les budgets étaient totalement secrets, donc appartenant au cercle des initiés. « En refusant de nous dérober à notre devoir et aux droits des citoyens d’être des sujets juridiques et politiques de leur devenir, nous avons, de façon démocratique, décidé de réclamer ce droit de questionner le paiement de nos dettes et le processus de budgétisation des recettes et dépenses ».

A la faveur de la Campagne Internationale Jubilee 2000, lancée en 1998, et devenue en 2005 CAD‑Mali, la Coalition a pour objectifs, entre autres, de lutter contre les dettes odieuses, illégitimes et illégales, la fuite des capitaux et l’évasion fiscale ; de revendiquer des mécanismes de transparence, de participation et de responsabilité budgétaire ; de proposer des alternatives de choix politiques, économiques, financiers et environnementaux et de donner la primauté au droit à la vie et du vivre ensemble.

En effet, au cours de plus d’une décennie de combats citoyens au Mali, en Afrique et dans le monde, à travers des recherches, publications, formations, semaines d’éducation populaire, 10 éditions de son Forum des peuples, des plaidoyers politiques et du réseautage, la CAD a gagné en puissance, en légitimité et en efficacité. Ainsi, la dette, le budget et la fiscalité sont sortis du « Cercle du secret » pour devenir des questions publiques, populaires.

Pour conclure, Sékou Diarra dira : « comme mouvement social d’alternatives populaires panafricaines, en nous engageant sur la question des droits économiques, sociaux, politiques et culturels à travers notre programme triennal, nous considérons que la société civile et la population citoyenne doivent être le fer de lance des combats essentiels pour l’indépendance économique et financière, pré-condition à l’indépendance politique du Mali et de l’Afrique. Comme mouvement altermondialiste, nous pensons que le lien entre l’action des citoyens organisés et les forces politiques est fondamental et crucial dans toute transformation sociétale radicale par le bas, le Gouvernement du peuple ».

Par Pierre Fo’o Medjo - 22 Septembre





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