Causerie débats sur les tracasseries routières à Sikasso


JPEG Malgré sa position de pays enclavé, qui devait l’obliger à prendre des dispositions pour la fluidité du transport des marchandises sur les axes routiers pour son approvisionnement et à moindre coût, le Mali vient de se faire épingler par le 7ème rapport de l’Observatoire des Pratiques Anormales (OPA) sur les corridors inter-Etats. Pour aider notre pays à sortir de cette zone de turbulence, la Coalition des Alternatives Africaines, Dette et Développement (CAD-Mali) et l’ONG WANASO, en partenariat avec l’observatoire des pratiques anormales (OPA), ont initié une campagne de sensibilisation. Dans le cadre de cette campagne, la gare routière de Sikasso a abrité le 30 juin 2009, une causerie-débats sur les tracasseries routières sur l’axe Bamako-Hèrèmakono.

En plus de nombreux chauffeurs, la rencontre de la gare routière de Sikasso, présidée par Modibo M. Traoré, Directeur Régional des transports terrestres et fluviaux de Sikasso, a enregistré la participation des directions régionales de la police, de la gendarmerie, des eaux et forêts, de la douane, de la mairie, de la délégation régionale du conseil malien des transporteurs routiers et des différents syndicats de conducteurs, des OSC et des leaders d’opinion.

En sa qualité de représentant du point focal Kader Dembélé de la délégation régionale de la chambre de commerce et d’industrie de Sikasso, a indiqué que la problématique des tracasseries routières préoccupe tous les acteurs au développement. Selon lui, cette problématique pose la question de la gouvernance dans le secteur des transports. « Des efforts ont certes été fournis, mais force est de constater que beaucoup reste à faire pour la fluidité et la facilitation des transports surtout inter-Etats », a-t-il indiqué, avant d’ajouter que l’action de CAD-Mali et de WANASO s’inscrit dans la droite ligne des objectifs de la CCIM parmi lesquels la promotion du commerce constitue une priorité. « Nul n’ignore que les tracasseries routières constituent des entraves sérieuses au commerce surtout inter-Etats. L’intégration sous régionale à peine amorcée risquerait d’être compromise à cause des entraves », a-t-il déclaré. Il a rappelé que c’est pourquoi, la CCIM travaille de concert avec l’OPA depuis sa date de création en 2005 par l’UEMOA et la CEDEAO pour la libre circulation des personnes et des biens sur les corridors ouest africains.

Pour sa part, LassineTraoré, Président de la CAD-Mali à Sikasso, a rappelé que la libre circulation des personnes et des biens est loin d’être une réalité sur les corridors ouest africains et cela à cause des prélèvements illicites, l’érection des barrières physiques et les retards engendrés par les tracasseries. « L’Afrique de l’ouest a le système de transport routier le plus cher et le moins efficace du monde. Le corridor Bamako-Ouagadougou est le plus difficile à cause de ses délais d’attente au niveau des barrières routières érigées par les forces de l’ordre », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que pour la CAD-Mali et WANASO, les chances d’arriver à une intégration sous régionale réussie passe nécessairement par la levée des obstacles et des facteurs qui bloquent le trafic inter-Etats.

Mieux, il a indiqué que ces débats publics, loin d’être un procès de qui que ce soit, visent principalement à informer et à sensibiliser les acteurs que sont les chauffeurs, transporteurs, douaniers, policiers, gendarmes, populations et organisations de la société civile sur l’état des tracasseries sur l’axe routier Bamako-Ouagadougou, afin d’aboutir à un changement de pratiques et de politiques. En sa qualité de représentant du gouverneur de la région à la rencontre, Modibo M. Traoré, directeur régional des transports terrestres et fluviaux de Sikasso, a estimé que le niveau de représentativité des cadres de la région au débat témoigne de l’importance que les services concernés accordent à la bonne gouvernance routière sur les corridors inter-Etats. Mieux, il a estimé que cela dénote de la réponse qu’ils comptent donner à la lutte pour diminuer les tracasseries sur les axes routiers africains. « La libre circulation des personnes et des biens constitue un élément important, voire indispensable pour le développement économique et social de nos Etats dans un contexte d’intégration régionale et surtout que l’économie de nos pays ouest africain est fortement tributaire du transport routier », a-t-il déclaré. Modibo M. Traoré a rappelé que l’approvisionnement correct de nos pays à moindre coût est surtout fonction de la performance du transport routier au travers de la qualité des infrastructures, de la durée sur la route, du nombre de rotation et des coûts d’approche pour l’acheminement des marchandises. Selon lui, s’il est vrai que des efforts ont été consentis sur le plan législatif, réglementaire et au niveau des infrastructures, il n’en demeure pas moins que des obstacles liés à la fluidité du trafic sur nos routes subsistent. « Toute chose qui contribue à renchérir les prix à la consommation pour nos populations », a-t-il conclu. Dans les débats, les chauffeurs et les transporteurs ont demandé l’application des conventions signées par notre Etats. Selon eux, si ces textes étaient appliqués comme il se doit, l’on va assister à une réduction des barrages et autres postes de contrôles sur les routes. Les responsables des agents des forces de sécurité ont mis en avant les raisons de sécurité pour justifier la présence des multiples postes de contrôle et de sécurité sur nos routes.

Au terme des débats, les acteurs ont pris conscience de la gravité du phénomène. Ainsi, des solutions alternatives ont été proposées pour éradiquer les prélèvements illicites et les retards su l’axe routier en territoire malien. Il s’agit entre autres :

  • Réduire les frais d’escorte sur l’axe Sikasso-Bamako ;
  • Retenir exclusivement les taxes municipales au départ des gares ;
  • Instaurer le système de fiche d’identification des passagers au niveau des guichets des différentes compagnies de transports inter-Etats ;
  • Définir aux chauffeurs et transporteurs les rôles des postes de contrôle et de sécurité ;
  • Harmoniser et adapter les textes de la CEDEAO en matière de transport aux continentaux ;
  • Former les chauffeurs routiers sur les conventions de transports terrestres de la sous région ;
  • Renforcer les escortes des brigades de patrouilles à la charge de l’Etat.

Cette rencontre a tenue toutes ses promesses car les acteurs se sont mobilisés et engagés pour résoudre ce phénomène qui mine le transport inter-Etat.





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